À retenir
- Un objectif SMART est spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et daté.
- Les grands objectifs se découpent en étapes, elles aussi SMART.
- Un indicateur clé mesure un résultat ; un indicateur de suivi aide à piloter.
- Trois familles d'indicateurs : le club, le sport, le numérique.
- Un indicateur prend son sens comparé à une référence.
Sommaire
Pourquoi tant de projets échouent
Les difficultés d'un projet tiennent souvent à ses objectifs : il n'y en a pas, ils ne sont pas écrits, pas partagés, pas reliés à des indicateurs, irréalistes, ou sans étapes intermédiaires. Quelles actions mener ? Comment savoir si l'objectif est atteint, si l'on est sur la bonne voie ? Quels moyens mobiliser ? Sans objectif clair, ces questions restent sans réponse. Un objectif qui doit être atteint « le plus vite possible » n'est pas un objectif.
La méthode SMART
- S comme spécifique. Un objectif précis, simple, compréhensible, qui répond à un problème clairement identifié. L'énoncé est-il assez clair ? Sera-t-il compris par tous ? Un seul indicateur suffit-il à suivre son évolution ? La complexité ralentit et brouille l'action.
- M comme mesurable. Un objectif n'existe que s'il se mesure : quel chiffre, quel ratio, quel pourcentage atteindre ? Encore faut-il connaître le point de départ, sans quoi aucune évaluation n'est possible.
- A comme atteignable, mais aussi ambitieux et accepté. Pour mobiliser, l'objectif doit demander un vrai effort : sans défi, pas de motivation ; sans motivation, pas de résultat. Un grand objectif se découpe en étapes intermédiaires, elles aussi SMART.
- R comme réaliste. Raisonnable au regard des moyens humains, financiers, matériels et du temps disponibles. Poursuivre une utopie démobilise.
- T comme temporel. Une échéance précise : dans dix jours, deux mois, trois ans. Elle permet de doser l'effort et de choisir les priorités.
Des défis aux actions
Le projet associatif est l'exemple type de cette cascade : des défis à long terme, découpés en enjeux à moyen terme, eux-mêmes découpés en actions à court terme. Chaque niveau a son objectif SMART et son indicateur. Par exemple :
- Le défi« Augmenter de 30 % les licences adultes en trois ans. » L'indicateur : l'écart entre le nombre de licences adultes aujourd'hui et dans trois ans, en pourcentage.
- L'enjeu« Augmenter de 20 % les licences adultes féminines dès la rentrée. » Son indicateur sert à suivre le défi.
- L'action« Ouvrir quatre programmes pour les femmes d'ici trois mois. » Son indicateur sert à suivre l'enjeu.
- Les indicateurs de suivi de l'actionLe nombre de flyers distribués, les visites générées par leur QR code, les clics des e-mails, les inscriptions sur la page dédiée.
Indicateur clé ou indicateur de suivi ?
- L'indicateur clé de performance est un indicateur de résultat : toujours relié à un objectif, il dit s'il est atteint. On l'évalue à l'échéance, une fois l'action ou le projet terminé.
- L'indicateur de suivi est un outil de pilotage : en cours de route, il permet d'anticiper, d'ajuster les actions, de prendre les bonnes décisions. Le taux de participation aux animations ou l'absentéisme à l'école de sport éclairent l'évolution de la fidélité.
Un indicateur exprime l'évolution d'une quantité (le nombre de licenciés), d'un délai (le délai de paiement des cotisations), d'un montant, d'un coût, d'une recette ; ou celle d'un ratio : le taux de satisfaction, de fidélité, d'abandon, d'autofinancement, d'occupation des terrains. Un ratio peut traduire une efficacité (le résultat face à l'objectif), une efficience (le résultat face aux moyens engagés) ou une rentabilité (le bénéfice face à l'investissement).
Trois familles d'indicateurs
- Le club : nombre de cotisations, taux de fidélité, locations de terrains, nombre de partenaires, absentéisme, ressources humaines.
- Le sport : répartition des niveaux et des classements, rapport victoires et défaites, équipes engagées, résultats par équipes.
- Le numérique : visites du site, abonnés et réactions sur les réseaux, note et avis sur la fiche Google.
Les objectifs, même de nature différente, sont liés : un objectif financier (l'autofinancement) dépend d'un objectif associatif (les adhésions), qui dépend lui-même d'un objectif de communication (la notoriété).
Une référence pour situer
Un indicateur c'est bien ; un indicateur comparé à une référence, c'est mieux. La référence fixe le niveau de l'objectif : les résultats passés du club, ceux des clubs voisins, le niveau départemental, régional ou national. Pour aller plus loin : construire le projet associatif et faire l'analyse SWOT du club.
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Yannick Ferret
Fondateur d'AppSport, entraîneur de tennis Diplômé d'État Supérieur, conférencier, consultant et formateur en management et marketing des organisations sportives, auteur de La Boîte à outils marketing des clubs de tennis et de La Boîte à outils marketing des Associations Sportives.
Ce guide reprend et actualise les chapitres « La matrice SMART » et « Les KPIs » de son livre La Boîte à outils marketing des clubs de tennis.
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